Pourquoi le taux est-il si bas?

07.04.2016

Pourquoi le taux est-il si bas?

Lors de la réunion du 10 mars 2016, la Banque centrale européenne a une nouvelle fois abaissé ses taux principaux. Les banques paient aujourd’hui un taux de 0% pour leurs emprunts à la BCE. Si elles ont des excédents à la fin de la journée (c’est-à-dire, de l’argent qu’elles n’ont pas prêté), elles doivent les parquer sur le compte de la BCE à un taux pénalisateur de 0,4%. La BCE incite ainsi les banques à accorder des crédits.

Pourquoi la BCE agit-elle de cette manière?

Grâce à ce taux extrêmement bas et à diverses autres mesures, la BCE a évité une dépression économique profonde. La faiblesse des taux d’intérêt a encouragé les ménages, et plus tard aussi les entreprises, à recommencer à emprunter et à consommer, ce qui a permis à l’économie de reprendre vigueur. Pour 2016, nous tablons sur une croissance d’environ 1,5% pour la zone euro.

Pour la BCE, ce n’est toutefois pas suffisant. L’inflation est actuellement de 0% et la BCE veut la porter à 2%. Ce pourcentage est idéal pour une économie saine. La question est donc de savoir si la BCE doit encore intensifier les efforts.

Comment renforcer encore la croissance?

L’établissement d’un taux inférieur à 0% n’aurait qu’une influence limitée sur l’économie. Les autorités publiques doivent donc également apporter leur contribution.

La faiblesse actuelle des taux crée de la marge de manœuvre budgétaire, car les autorités doivent payer moins d’intérêts sur une dette publique élevée. Elles doivent donc réaliser moins d’économies pour atteindre leurs objectifs budgétaires et peuvent ainsi prendre des mesures favorables pour l’économie.

Les investissements dans l’infrastructure, par exemple les travaux routiers, en sont une belle illustration. Ils ont un effet positif immédiat sur la croissance car l’argent dépensé est directement injecté dans l’économie. À long terme, ils renforcent aussi la croissance de manière structurelle car ils contribuent à réduire l’encombrement du réseau routier. Il ne reste plus qu’à espérer que les autorités feront bon usage de ces opportunités.

Articles connexes