Actualité économique et financière - mise à jour mars 2019

Actualité macroéconomique

  • États-Unis

Durant le mois de mars, plusieurs indicateurs macroéconomiques ont fléchi aux États-Unis: l'indice des directeurs d'achat (PMI) dans l'industrie et les services a déçu et les indicateurs de confiance (ISM) sont restés en deçà des attentes. En conséquence, la croissance du PIB est retombée de 2,6% à 2,2%. À l'avenir (2e semestre), les États-Unis pourraient donc marquer le pas. La confiance des consommateurs a en revanche été relativement soutenue (après un léger recul en début de mois). Compte tenu du maintien d’une croissance économique vigoureuse, nous demeurons positifs à l'égard des États-Unis à court terme.

Dans son compte-rendu, la Banque centrale américaine a confirmé ce que le président de la Fed, Jerome Powell, avait déjà annoncé précédemment, à savoir qu'un relèvement des taux n'est plus prévu en 2019 et divers intervenants du marché parlent même d'une baisse des taux en 2020.

Les résultats du quatrième trimestre 2018 semblent très bons: la croissance du chiffre d'affaires a dépassé 6%, soit un niveau meilleur que prévu, bien que légèrement inférieur à celui des trimestres précédents. La croissance bénéficiaire a également été plus faible. Une belle croissance de 12% a toutefois été enregistrée par rapport à l'année précédente. De bonnes surprises sont venues de l'industrie, des services de communication et de l'énergie. Les marchés tablent pour les trimestres à venir sur un nouveau ralentissement de la croissance bénéficiaire.

  • Chine

Au cours du mois de mars, il est apparu clairement que le conflit commercial était encore loin d'être résolu - aucune augmentation tarifaire n'a été mise en œuvre malgré un non-accord - et qu'une rencontre entre les présidents américain et chinois n'était pas pour tout de suite. Des progrès semblent toutefois avoir été réalisés.

Le Congrès du Parti populaire chinois a revu à la baisse les prévisions de croissance économique de la Chine de 6,5% à 6-6,5%, soit une croissance encore honorable par rapport à l'Occident. Les analystes et les économistes prévoient un nouveau ralentissement de la croissance économique en Chine, une conséquence inévitable de l'augmentation du PIB.

  • Zone euro

Selon divers indicateurs, la croissance européenne devrait se redresser au second semestre. De toute évidence, les PMI(*) publiés en mars ne révèlent toutefois encore aucune reprise en Europe. La croissance est faible, surtout dans l'industrie. L'Europe a frôlé la récession ces derniers mois (l'Italie s'y trouve déjà).

Lors de la conférence de presse qui a suivi la récente décision de politique monétaire, il est apparu clairement qu'en Europe, un relèvement des taux n'était pas à prévoir avant 2020 au plus tôt. Précédemment, il avait été question d'une hausse des taux peu après l'été 2019. Le président de la BCE, Mario Draghi, a également indiqué qu'il amortirait l'impact négatif de la politique monétaire sur les marchés financiers (notamment en renonçant à appliquer le taux négatif sur la réserve de liquidités). Un nouveau programme TLTRO (Targeted longer-term refinancing operations ou opérations de refinancement à plus long terme ciblées) a également été annoncé, soit des prêts à long terme accordés aux banques pour stimuler l'octroi de crédit. Les banques devraient utiliser les fonds disponibles pour booster l'économie.

Le mois dernier, le Brexit a bien entendu également monopolisé l'attention. L'accord négocié par la Première ministre, Theresa May, avec l'Europe a été soumis au vote à trois reprises et à trois reprises, il a été rejeté. Si le Parlement britannique l'avait ratifié, l'échéance pour l'Europe était fixée au 22 mai. Sans accord, l'échéance est fixée au 12 avril. Des voix s'élèvent pour demander que le Royaume-Uni puisse opter pour une union douanière (ce qui résoudrait dans la foulée la question de la frontière avec l'Irlande du Nord), mais une partie du Parlement britannique refuse d'en entendre parler. Une autre option serait un report (à long terme). Aucun de ces scénarios n'obtenant la préférence, rien ne permet de prédire la suite des événements.

Les résultats publiés par les entreprises européennes pour le quatrième trimestre ont déçu. La croissance du chiffre d'affaires s'établit à 5% pour les entreprises européennes et à 4% pour celles de la zone euro. La croissance des bénéfices a été maigre: alors qu'elle était précédemment estimée entre 0 et 5%, le consensus Bloomberg prévoit qu'elle sera négative (tous les chiffres ne sont pas encore connus).

Les marchés financiers

  • Bourses

Le graphique ci-dessus montre un mouvement en V marqué des indices américains. Il apparaît clairement que nous nous trouvons aujourd'hui aux niveaux d'octobre 2018: la correction a donc été compensée. Le revirement du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, ainsi que les solides résultats des entreprises et une croissance encore assez robuste ont soutenu les Bourses. Par différents programmes, la Fed a également injecté des liquidités dans le marché, ce qui leur a aussi fourni un appui.

La technologie en particulier, mais aussi l'énergie, ont bénéficié de la reprise boursière. Les actions cycliques ont en outre été préférées aux valeurs défensives, à l'inverse du dernier trimestre 2018.

Les Bourses européennes ont suivi la Bourse américaine et ont, elles aussi, épongé leur recul de décembre. Avec la publication par l'Allemagne de mauvais chiffres début mars et le retour du Brexit sur le devant de la scène, la tendance à la hausse s'est infléchie. Durant la dernière semaine de mars, les Bourses sont toutefois reparties à la hausse (grâce notamment à une confiance des entreprises plus forte que prévu en Allemagne, rapport publié le lundi 25 mars). Le Brexit continue bien entendu de préoccuper les marchés européens et le risque de rechute est réel.

Les marchés émergents poursuivent leur progression. Comme mentionné précédemment, la pause monétaire aux États-Unis est une bonne chose pour la dette des/les pays émergents. Nous constatons en outre que certaines économies (telles que la Corée du Sud et l'Inde) font à nouveau mieux.

  • Marchés obligataires

Pour la première fois depuis 2016, le taux des emprunts d'État allemands à 10 ans est passé sous le seuil magique de 0%. Ce taux de référence européen est actuellement de -5 points de base.

Cette évolution est liée à la publication d'indicateurs de confiance exécrables. Les PMI des trois principales économies de la zone euro sont tombés bien en dessous du niveau neutre de 50, indiquant un ralentissement de la croissance économique au cours des prochains mois. Simultanément, l'inflation de base de la zone euro s'est maintenue à 1%,soit un niveau nettement inférieur à l'objectif de 2% de la Banque centrale européenne. La crainte d'un Brexit sans accord, l'érosion mondiale de la demande d'exportations européennes et les problèmes de l'industrie automobile européenne ne sont que quelques-uns des éléments qui ont contraint la Banque centrale européenne à assouplir une fois de plus sa politique monétaire.

La demande d'obligations des pays dits sûrs (États-Unis, Allemagne) a fortement augmenté le mois dernier, ce qui a exercé une pression à la baisse sur les taux. Ainsi, le taux des emprunts d'État américains à 10 ans est maintenant de 2,44%, soit une baisse de 30 points de base sur une base mensuelle.

L'assouplissement de la politique monétaire a profité non seulement aux obligations d'État, mais aussi aux obligations d'entreprises. Les différentiels de taux sur les obligations investment grade et high yield se sont resserrés de respectivement 10 et 25 points de base au cours du mois écoulé.

Allocation des actifs

En raison de la forte hausse des marchés financiers au premier trimestre (tant en Europe qu'aux États-Unis, les Bourses européennes n'étant pas à la traîne à l'inverse du passé) et de l'atonie de la croissance européenne, nous réduisons encore nos portefeuilles de 2,5% et nous sommes légèrement sous-pondérés par rapport à la norme.

Notre choix dans la sélection d'actions se porte sur:

  1. Les actions à haut dividende, tant en Europe qu'aux États-Unis
  2. Les investissements dans des entreprises actives dans le secteur de l'eau qui s'emploient à améliorer l'offre et les infrastructures et à les rendre plus respectueuses de l'environnement.

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