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Guerre en Iran: quatre scénarios

Siegfried Top – Analyse financier KBC

La guerre en Iran a connu une nouvelle escalade ces derniers jours, mais l’issue dépendra surtout de sa durée, de son intensité et de son extension régionale. Dans sa communication, Washington a formulé l'objectif en termes clairs: le président Trump a explicitement parlé d'une "reddition inconditionnelle". En attendant, un nouveau Guide suprême a été nommé en Iran: le fils d'Ali Khamenei. L'homme est considéré comme un partisan de la ligne dure, qui ne pliera donc pas facilement sous la pression américano-israélienne.

Par ailleurs, la pression s'accroît pour que le conflit ne s'enlise pas. Aux États-Unis, la hausse des prix de l'énergie et les données économiques commencent à peser sur l’humeur. La conjonction de la hausse des prix du pétrole (qui est passé à 116 USD environ le baril) et du ralentissement du marché du travail n’a rien de réjouissant dans la perspective des élections de mi-mandat de novembre.

La diplomatie demeure une issue possible, mais elle est incertaine. Quoi qu’il en soit, on attend toujours avec impatience de voir ce que donnent les tentatives de médiation et les pourparlers avec les acteurs régionaux. À ce propos, le président iranien s'est montré conciliant à l'égard des États du Golfe, ce samedi, mais sur le terrain, ces propos sont restés lettre morte. KBC Asset Management envisage quatre scénarios.

Scénario 1 – Une normalisation rapide

Les actions militaires restent limitées dans le temps et dans leurs objectifs. Le détroit d'Ormuz rouvre assez vite et les flottes pétrolières reprennent la route. Le prix du pétrole peut culminer brièvement, mais il retombe lorsque le transport maritime et les assurances se normalisent. Ce scénario nous paraît moins probable aujourd'hui qu'au début de la semaine dernière.

À quoi sommes-nous attentifs? Des signes évidents de désescalade, l'ouverture totale du détroit d'Ormuz, la normalisation du trafic de pétroliers en quelques jours, la stabilisation des primes d'assurance et un pétrole qui ne se maintient pas structurellement au-dessus de 90 USD.
Réaction sur le plan des investissements: pas de changement majeur, maintien de l'allocation stratégique et nouvelle augmentation de la position tactique en actions.

Scénario 2 – Une perturbation temporaire avec incertitude persistante de plusieurs semaines (scénario de base)

Le conflit dure plusieurs (4-5) semaines. Les États-Unis déclarent avoir atteint leur objectif après avoir affaibli les capacités iraniennes; Israël cesse les hostilités après le retrait du soutien américain. Le régime reste debout; l'activité des proxys (le Hezbollah au Liban, par exemple) s'éteint progressivement. La prime de risque du pétrole diminue, mais le détroit d'Ormuz reste une menace latente.

À quoi sommes-nous attentifs? Le langage des "objectifs atteints", le cessez-le-feu ou le dialogue, la réduction des activités des proxys, la stabilisation de la menace d'Ormuz.
Réaction sur le plan des investissements: les positions sont largement maintenues, sans surréagir, mais en tenant compte de la hausse du prix du pétrole et donc de l'inflation. Les banques centrales ne sont pour ainsi dire d'aucune aide. Dans ce scénario, le sentiment risk-off pourrait persister quelque temps. Les actions européennes sont plus vulnérables que les actions américaines.

Scénario 3 – Une normalisation partielle avec maintien de primes de risque élevées

Le conflit se prolonge, mais passe la vitesse inférieure. Pas de cessez-le-feu formel, mais les États-Unis considèrent que les objectifs ont été atteints, même si l'Iran ne s'incline pas. Même si la situation s'améliore, le système peut continuer à fonctionner plus lentement et en coûtant plus cher. Cela pourrait conduire à une incertitude plus durable, sans panique sur les marchés.

À quoi sommes-nous attentifs? Amélioration du transit sans normalisation complète, coûts/prix durablement plus élevés, signaux politiques incertains.
Réaction sur le plan des investissements: les marchés se redressent alors souvent de manière irrégulière: pas de panique, mais pas non plus de retour immédiat à la normale.

Scénario 4 – Un scénario d'escalade (le moins probable)

Le conflit s'étend sur plusieurs fronts (proxys, Hezbollah, Houthis), attaques continues sur des actifs américains et perturbation structurelle du détroit d'Ormuz. Le conflit dure plus longtemps et affecte également les infrastructures énergétiques régionales.

À quoi sommes-nous attentifs? Activation de multiples fronts proxy, attaques soutenues contre des bases/ambassades, tentatives crédibles de perturber durablement le détroit d’Ormuz, dommages visibles aux infrastructures du Golfe. Pas de canal de désescalade crédible; le conflit semble sous-estimé d’un point de vue structurel; l'Iran adopte une position de "guerre longue" et se sert des proxys et du détroit d’Ormuz comme moyen de pression permanent. Les États-Unis arment les combattants kurdes. Le risque du détroit d'Ormuz est pris en compte de manière structurelle. Un blocus du détroit d’Ormuz pendant plusieurs semaines pourrait faire grimper le prix du pétrole bien au-delà des 120 USD car on assisterait alors à une destruction de la demande.

Réaction sur le plan des investissements: une allocation plus défensive des portefeuilles pendant plus longtemps. En ce qui concerne le scénario économique, la probabilité d'une "stagflation" devient plus réaliste, avec une croissance atone ou négative et une inflation (plus) élevée.
Affaire à suivre...

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