6 grands changements pour les voitures de société en 2026
L’année 2026 marque une étape clé dans la réforme de la fiscalité automobile en Belgique. Avantage de toute nature, déductibilité fiscale, cotisations patronales et taxes régionales : presque tous les leviers évoluent, souvent dans un sens moins favorable pour les motorisations thermiques. Voici une synthèse claire et structurée des six principaux changements à connaître pour les voitures de société en 2026.
1. Avantage de toute nature (ATN) : une hausse quasi généralisée
En 2026, la méthode de calcul de l’avantage de toute nature reste identique. Elle continue de dépendre de la valeur catalogue du véhicule, de son ancienneté et de ses émissions de CO₂.
En revanche, les valeurs de référence CO₂ sont à nouveau abaissées :
- 70 g pour les voitures essence, GPL et gaz naturel
- 58 g pour les voitures diesel
Cette révision entraîne une augmentation automatique de l’ATN pour la majorité des voitures essence, diesel et hybrides autorechargeables.
Cet ATN peut être calculé comme suit :
Diesel:
Prix catalogue × [5,5 + ((CO₂ – 58) × 0,1)] % × 6/7 × coefficient d’âge du véhicule
Essence, full hybrid, « faux hybrides », LPG et CNG :
Prix catalogue × [5,5 + ((CO₂ – 70) × 0,1)] % × 6/7 × coefficient d’âge du véhicule
Électrique/hydrogène et « véritables » hybrides rechargeables (diesel et essence) :
Prix catalogue × 4 % × 6/7 × coefficient d’âge du véhicule
Les véhicules zéro émission restent soumis au pourcentage CO₂ minimum, ce qui leur permet de conserver le régime le plus avantageux, même s’ils ne sont pas totalement épargnés par l’indexation.
Par ailleurs, le montant minimum annuel de l’ATN est relevé et atteint environ 1.690 euros en 2026, quel que soit le type de motorisation.
Enfin, la partie de l’ATN liée aux trajets domicile-travail pouvant être exonérée pour les salariés est également indexée et portée à 500 euros.
2. Déductibilité fiscale : 2026, une année charnière
Le 1er janvier 2026 constitue un véritable tournant pour la fiscalité des voitures de société.
À partir de cette date, les voitures thermiques et les hybrides rechargeables (PHEV) commandées par une société ne bénéficient plus d’aucune déductibilité fiscale. L’ensemble des frais liés au véhicule — leasing, carburant, entretien, assurances — devient totalement non déductible.
Un régime transitoire subsiste toutefois pour les PHEV commandés avant le 31 décembre 2025 :
- 50 % de déductibilité en 2026
- 25 % en 2027
- 0 % en 2028
Les voitures 100 % électriques et à hydrogène conservent une déductibilité de 100 % en 2026. Il s’agit cependant de la dernière année de déductibilité totale, une réduction progressive étant prévue dès 2027.
3. PHEV et indépendants : un régime distinct maintenu
Les indépendants personnes physiques (soumis à l’IPP, donc) restent soumis à un cadre fiscal différent de celui des sociétés. Une mesure spécifique prévoit le maintien d’un régime plus favorable pour les PHEV, sous certaines conditions, notamment en matière d’émissions de CO₂ et d’utilisation professionnelle effective.
Pour un PHEV Euro 6e-bis commandé en 2025 :
- la voiture et l’électricité sont déductibles à 75 % ;
- le carburant fossile reste limité à 50 %.
À partir de 2026, la déductibilité dépend directement du niveau d’émissions :
- jusqu’à 50 g CO₂/km, la voiture reste déductible entre 95 % et 100 %, l’électricité à 100 %, tandis que le carburant n’est plus déductible ;
- entre 51 et 75 g CO₂/km, la déductibilité de la voiture est limitée à 75 %, l’électricité reste entièrement déductible, sans aucun avantage pour le carburant.
- Au-delà de 75 g CO2/km, le véhicule est considéré comme un faux hybride, avec un régime fiscal nettement moins avantageux.
Les taux de déductions deviennent ensuite dégressifs jusqu’en 2029 pour les véhicules hybrides rechargeables et jusqu’en 2031 pour leur consommation électrique.
Ce régime ne s’applique ni aux sociétés ni aux dirigeants d’entreprise via une personne morale. Il s’agit donc d’une exception ciblée, sans remettre en cause la disparition progressive des PHEV au sein des flottes d’entreprise.
4. Cotisation de solidarité (cotisation CO₂) : une charge patronale en forte hausse
La cotisation CO₂, payée mensuellement par l’employeur, augmente sensiblement en 2026.
Cette hausse s’explique à la fois par l’indexation et par l’augmentation du multiplicateur appliqué aux véhicules émetteurs. Les voitures thermiques et hybrides rechargeables voient donc leur coût patronal croître de manière significative.
Comment calculer la cotisation CO2 des voitures commandées avant le 1er juillet 2023 ?
Diesel (y compris plug-in hybride diesel)
- CO2 connu : [(CO2 x 9 EUR) – 600] / 12 x 1,6291
- CO2 inconnu : [(165 x 9 EUR) – 600] / 12 x 1,6291 = 120,15 euros/mois
Essence (y compris plug-in hybride essence et hybride auto-rechargeables)
- CO2 connu : [(CO2 x 9 EUR) – 768] / 12 x 1,6291
- CO2 inconnu : [(182 x 9 EUR) – 768] / 12 x 1,6291 = 118,11 euros/mois
CNG/LPG
- [(CO2 x 9 EUR) – 990] / 12 x 1,6291
Comment calculer la cotisation CO2 des voitures commandées à partir du 1er juillet 2023 ?
Diesel (y compris plug-in hybride diesel)
- CO2 connu : [(CO2 x 9 EUR) – 600] / 12 x 1,6291 x 4
- CO2 inconnu : [(165 x 9 EUR) – 600] / 12 x 1,6291 x 4 = 480,59 euros
Essence (y compris plug-in hybride essence et hybride auto-rechargeables)
- CO2 connu : [(CO2 x 9 EUR) – 768] / 12 x 1,6291 x 4
- CO2 inconnu : [(182 x 9 EUR) – 768] / 12 x 1,6291 x 4 = 472,44 euros
CNG/LPG
- [(CO2 x 9 EUR) – 990] / 12 x 1,6291 x 4
Pour les véhicules électriques et à hydrogène, seule la cotisation minimale reste due, mais celle-ci est également indexée. Elle est ainsi fixée à 33,93 euros/mois pour les voitures électriques commandées avant le 1er juillet 2023 et à 42,34 euros/mois pour leurs homologues commandées à partir du 1er juillet 2023.
5. Contribution environnementale sur les véhicules électrifiés
À partir de janvier 2026, une contribution environnementale spécifique est introduite pour certains véhicules électrifiés, y compris les voitures et vélos électriques.
Selon la situation, cette contribution peut atteindre jusqu’à 100 euros pour une voiture électrique. Elle est due une seule fois, lors de l’achat du véhicule électrifié.
- ≤ 40 kg : 5 € (NiMH/NMC/autres) – 10 € (LFP)
- > 40 kg à 100 kg : 15 € – 30 €
- > 100 kg à 350 kg : 25 € – 50 €
- > 350 kg à 1 000 kg : 50 € – 100 €
- > 1 000 kg : 0,10 €/kg – 0,20 €/kg
6. Fiscalité régionale : fin des exonérations en Flandre
En Région flamande, les exonérations fiscales accordées aux voitures électriques et à hydrogène prennent fin à partir du 1er janvier 2026.
Cela concerne notamment :
- la taxe de mise en circulation (fixée à 61,50 euros, sans indexation)
- la taxe de circulation annuelle (fixée à 102,96 euros, avec indexation annuelle)
Cette évolution n’a pas d’impact sur la fiscalité fédérale, mais elle augmente (légèrement) le coût global de détention d’un véhicule électrique en Flandre.
Written by FLEET.be