La hausse des prix des carburants accélère l’intérêt pour la mobilité électrique d’occasion
Plusieurs plateformes spécialisées et acteurs du secteur constatent un intérêt croissant pour les voitures électriques d’occasion. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques et de prix de l’énergie durablement élevés, qui pèsent directement sur le budget de nombreux ménages et entreprises.
L’intérêt pour les modèles électriques sur le marché de l’occasion pourrait, à terme, contribuer à une plus grande stabilité des prix et à une hausse des valeurs résiduelles. Un marché de seconde main bien structuré peut en outre favoriser une stabilisation des loyers de leasing des véhicules électriques.
Les crises énergétiques se succèdent à un rythme soutenu. Celle que nous traversons aujourd’hui rivalise avec la crise pétrolière des années 1970 et du début des années 1980, époque marquée par les dimanches sans voiture. Les hausses de prix liées à la première guerre du Golfe (1990-1991), ainsi que les pics enregistrés lors de la crise financière de 2007-2008, restent également dans les mémoires. Plus récemment, la reprise post-COVID conjuguée à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022-2023 a déclenché une nouvelle crise énergétique. Désormais, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient propulsent les prix à des niveaux inédits.
Le litre de diesel dépasse largement les 2 euros, tandis que celui de l’essence s’en approche dangereusement. Dans ce contexte, faire le plein devient un exercice de plus en plus coûteux pour les particuliers. Un réservoir de 50 litres franchit aisément la barre des 100 euros, une dépense qui se répète fréquemment selon l’usage du véhicule.
À l’inverse, le prix de l’électricité demeure relativement stable. La réduction progressive de la dépendance aux énergies fossiles dans la production d’électricité contribue largement à cette stabilité. Par conséquent, les conducteurs de véhicules électriques subissent un impact globalement limité face à cette crise.
Un surcoût rapidement compensé
Les conducteurs de véhicules thermiques constatent désormais que le surcoût à l’achat d’une voiture électrique s’amortit plus rapidement que jamais par rapport à un modèle essence ou diesel, même d’occasion. Les avancées technologiques — notamment l’amélioration continue des installations photovoltaïques et des batteries domestiques — renforcent encore cet avantage. Par ailleurs, une étude récente de VAB ism KBC Autolease montre que donner une seconde vie à un véhicule électrique d'occasion garantit de nombreuses années d'insouciance pour le budget familial et beaucoup plus de kilomètres durables pour l'environnement.
Cela s'explique en partie par le fait que la dégradation de la batterie est meilleure que prévu. Les tests effectués sur les batteries montrent qu'elles conservent 85 % à 95 % de leur capacité, même après 100 000 km. Il n'est donc pas nécessaire d'effectuer des recharges supplémentaires si vous êtes sur la route avec une voiture rechargeable d'occasion. De plus, les constructeurs automobiles accordent jusqu'à 8 ans et plus de garantie sur la batterie d'entraînement d'une voiture électrique. Soit 160 000 km. En moyenne, les voitures retournées à KBC Autolease après cinq ans ont un peu plus de 100 000 km.
Il n'est donc pas illogique que de plus en plus de consommateurs optent pour la mobilité électrique, un choix économiquement rationnel, surtout lorsque l'infrastructure de recharge publique est peu utilisée.
Les médias rapportent d’ailleurs une hausse marquée de la demande de voitures électriques d’occasion chez les particuliers. Un point également relevé par KBC Autolease. Beaucoup semblent désormais prêts à franchir le pas, conscients des bénéfices de l’électromobilité. Cette dynamique intervient alors que l’offre reste abondante sur le marché de l’occasion, après une période de faible demande. Les prix s’avèrent donc attractifs, ce qui facilite la prise de décision.
Un premier pas vers la normalisation du marché de l'occasion des véhicules électriques ?
Si cette tendance se confirme, elle influencera également le secteur du leasing. Une demande plus forte pour les véhicules électriques d'occasion pourrait soutenir les valeurs résiduelles afin de stabiliser les prix de vente des voitures à la fin des contrats de location.. En effet, jusqu'à présent, la plupart des consommateurs ont boudé l'offre de voitures électriques sur le marché de l'occasion. Combinée à l'augmentation rapide de l'offre de voitures en fin de contrat provenant de la flotte de leasing, cette situation a créé une spirale de baisse des prix.
Ainsi, la flambée des prix des carburants fossiles — perçue à juste titre comme une contrainte économique majeure — pourrait aussi produire un effet bénéfique en incitant davantage de particuliers à adopter la mobilité électrique. Comme le résumait Johan Cruijff : « À chaque inconvénient correspond son avantage. » Et même si la diminution des tensions géopolitiques finira par faire baisser les prix des carburants, il est clair que la fragilité de l'équilibre mondial peut continuer à créer de l'incertitude à la pompe.
Written by FLEET.be