Recharger au mauvais endroit peut coûter trois fois plus cher

Le troisième levier concerne l'électricité. Contrairement au carburant, dont le prix varie d'une station à l'autre, le coût de recharge dépend fortement de l'endroit où le conducteur branche sa voiture et du type de recharge utilisé.

Dans les hypothèses retenues par KBC Autolease, le kilowattheure coûte 25 centimes au travail, 32 centimes à domicile et 75 centimes sur une borne publique de recharge rapide. Il s'agit de valeurs indicatives utilisées pour la simulation, et non de tarifs universels.

Prenons une voiture qui consomme 15 kWh aux 100 kilomètres et parcourt 25.000 kilomètres par an. Elle utilise alors 3.750 kWh sur l'année.

Coût total brut de la recharge sur base annuelle

Lieu de recharge

Prix par kWh

Coût annuel pour 25.000 km

Au travail

0,25 euros

938 euros

À domicile

0,32 euros

1.200 euros

Recharge lente (AC) publique

0,50 euros

2.063 euros

Recharge rapide (DC) publique

0,75 euros

2.813 euros

Source: KBC Autolease

Dans cet exemple, la recharge rapide publique coûte près de 1.875 euros de plus par an que la recharge au travail. Sur quatre ans, l'écart s’élève à 7.500 euros pour une seule voiture, sans même tenir compte d'une éventuelle évolution des tarifs.

« La plus grande économie consiste à maximiser la recharge à domicile et au travail, et à limiter la recharge publique, surtout la recharge rapide en courant continu », explique Jan Peeters.

Cela ne signifie pas qu'il faille bannir les bornes publiques. Elles restent indispensables lors des déplacements et pour les conducteurs qui ne disposent pas d'une solution à domicile. Mais une entreprise peut réduire ses dépenses en facilitant l'accès à la recharge sur le lieu de travail et en accompagnant les collaborateurs qui peuvent recharger chez eux.

L'installation de bornes au domicile des collaborateurs ou sur les parkings de l'entreprise représente un investissement. Celui-ci peut toutefois se révéler rapidement rentable lorsque les véhicules roulent beaucoup et que les conducteurs remplacent régulièrement une recharge rapide publique par une recharge moins chère.

Même avec ces hausses, le retour à l'essence ou au diesel ne constitue pas automatiquement une solution plus économique. Dans la comparaison proposée par KBC Autolease, une voiture à essence consommant six litres aux 100 kilomètres reste plus chère à l'usage que la voiture électrique étudiée, malgré les écarts importants entre les tarifs de recharge.