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La vague de chaleur provoque un pic de dépannages, mais pas pour les véhicules électriques

Les statistiques de dépannage suivent le rythme des saisons. Batteries à plat en hiver, radiateurs en surchauffe en été : tel est le scénario bien connu des voitures à moteur thermique. Mais qu’en est-il des véhicules électriques (VE) ? Sont-ils eux aussi affectés par les vagues de chaleur ? Nous avons posé la question à l’organisation de mobilité VAB.

Durant les journées les plus chaudes de la récente vague de chaleur, VAB a enregistré une hausse de 12 % du nombre d’interventions, avec des pics atteignant 15 %. Gert Verhoeven nuance toutefois immédiatement ces chiffres : « Il s’agissait principalement de véhicules anciens appartenant à des particuliers, souvent insuffisamment entretenus. La surchauffe du moteur en était la principale cause, un problème qui touche logiquement presque exclusivement les moteurs thermiques. »

Les véhicules plus récents – notamment les nombreux véhicules électriques de société arrivés sur le marché ces dernières années – sont sous-représentés dans les statistiques de dépannage. L’explication est simple : les jeunes véhicules en leasing bénéficient d’un entretien préventif rigoureux et affichent un kilométrage ainsi qu’une usure plus limités… sans compter que les VE ne souffrent pas de la surchauffe des moteurs et des radiateurs.

Pas de panne liée à la chaleur, mais une protection thermique

Si les véhicules électriques ne sont pas à l’origine d’un pic des dépannages lors d’une vague de chaleur, cela s’explique très logiquement, selon Gert Verhoeven : « Les véhicules électriques modernes ne présentent pas de sensibilité particulière à la chaleur. Leurs systèmes avancés de gestion thermique, reposant sur un refroidissement liquide, maintiennent la batterie dans une plage de température optimale. Sur un moteur thermique, la chaleur intense générée par le moteur s’ajoute à la température extérieure élevée, ce qui entraîne beaucoup plus rapidement des problèmes de refroidissement. »

Le seul effet réellement perceptible pour le conducteur d’un véhicule électrique est une réduction de la vitesse de recharge. Celle-ci est moins liée au réseau électrique qu’aux logiciels de sécurité du véhicule et de la borne de recharge. Afin de protéger les cellules de la batterie et l’électronique de puissance contre toute surchauffe, la puissance de recharge est automatiquement réduite (thermal throttling). Recharger à l’ombre ou durant les heures plus fraîches de la soirée reste donc la meilleure option.

Le mystère de la batterie 12 V

Lorsque VAB analyse les statistiques sur une période plus longue, les chiffres globaux des pannes des véhicules électriques et des voitures traditionnelles sont étonnamment proches. Les principales causes restent en effet les mêmes : les crevaisons et les défaillances de la batterie 12 V. En revanche, les raisons qui expliquent ces pannes diffèrent sensiblement selon le type de motorisation.

Sur les voitures à moteur thermique, les problèmes de batterie apparaissent surtout en hiver. Les basses températures réduisent leur capacité, et un simple appel de courant lors d’un démarrage par temps glacial peut suffire à les mettre définitivement hors service. Les batteries de traction des véhicules électriques sont elles aussi sensibles au froid. La différence est qu’elles ne tombent pas en panne : elles perdent simplement temporairement de leur capacité.

Les véhicules électriques ne sont toutefois pas épargnés par les problèmes de la « petite » batterie 12 V. Au contraire, ceux-ci apparaissent tout au long de l’année dans les statistiques de VAB, pour une raison technique bien précise.

Gert Verhoeven explique : « Une batterie classique au plomb se sulfate progressivement, c’est-à-dire qu’elle vieillit chimiquement. Lorsqu’elle est fortement sollicitée – par exemple au démarrage d’un moteur diesel ou essence à froid –, elle reçoit à chaque fois une importante impulsion de courant qui contribue temporairement à limiter cette dégradation. Dans un véhicule électrique, cette forte sollicitation n’existe pas. La batterie 12 V n’alimente que l’électronique, les éclairages et le relais de la batterie haute tension. Cette faible charge est, paradoxalement, souvent insuffisante pour "réveiller" la batterie, qui finit par se dégrader silencieusement jusqu’à tomber en panne. »

Logiciels et remorquage

« Lorsqu’un véhicule électrique tombe en panne, la cause est plus souvent logicielle que matérielle », explique Gert Verhoeven. « Une réinitialisation complète – qui consiste à déconnecter temporairement la batterie 12 V – permet de résoudre le problème dans de nombreux cas. Si cela ne suffit pas, le remorquage reste souvent la seule solution. »

« C’est précisément là que les véhicules électriques présentent une particularité », poursuit-il. « Un véhicule électrique ne peut pas être remorqué de manière classique. Si les roues tournent alors que l’électronique est hors tension, le moteur électrique peut fonctionner comme un générateur et endommager gravement la chaîne de traction. Les véhicules électriques doivent donc toujours être transportés intégralement sur un camion-plateau, ce qui exige une intervention logistique plus lourde de la part de nos équipes de dépannage. »

Conclusion pour les flottes électriques

Pour les entreprises, les chiffres de VAB confirment l’avantage structurel d’un parc automobile plus récent et électrifié. Les véhicules électriques modernes sont techniquement très bien armés pour faire face aux fortes chaleurs. En pratique, les vagues de chaleur sont avant tout l’ennemi des véhicules vieillissants et insuffisamment entretenus, et non de la propulsion électrique.