Le premier piège : la déductibilité fiscale.
En Belgique, les entreprises peuvent encore bénéficier d’une déductibilité de 100 % pour les voitures électriques commandées en 2026. Mais ce régime évoluera progressivement pour les nouveaux véhicules.
Le calendrier prévoit une déductibilité de 95 % en 2027, de 90 % en 2028, de 82,5 % en 2029, de 75 % en 2030 et de 67,5 % en 2031. La date de commande détermine le régime applicable au véhicule pendant toute la durée du contrat.
Pour comprendre l’effet concret de cette évolution, prenons une voiture qui représente un coût mensuel de 1.000 euros pour l’entreprise, TVA non déductible comprise. Avec une déductibilité de 100 % et un taux d’impôt des sociétés de 25 %, l’entreprise bénéficie d’un avantage fiscal de 250 euros. Son coût net s’établit donc à 750 euros.
Si la déductibilité tombe à 75 %, l’entreprise ne peut plus déduire fiscalement que 750 euros de dépenses. Son avantage fiscal descend à 187,50 euros. Pourtant, la facture reste de 1.000 euros. Le coût net grimpe ainsi à 812,50 euros, soit une hausse de 8,3 %.
Impact TCO de la déductibilité dégressive des voitures électriques
Déduction fiscale selon l’année de la commande | Avant 2027 | En 2027 | En 2028 | En 2029 | En 2030 | En 2031 et après | Impact TCO3 |
Avant 2027 | 100% | 100% | 100% | 100% | 100% | 100% | - |
En 2027 | 95% | 95% | 95% | 95% | 95% | + 1,7% | |
In 2028 | 90% | 90% | 90% | 90% | + 3,3% | ||
En 2029 | 82,5% | 82,5% | 82,5% | +5,8% | |||
En 2030 | 75% | 75% | +8,3% | ||||
En 2031 | 67,5% | +10,8% |
Source: KBC Autolease
« La facture que nous envoyons au client ne doit pas nécessairement augmenter. Mais, derrière cette facture, le client récupère moins via sa comptabilité », explique Jan Peeters.
La différence ne se voit donc pas toujours dans le montant mensuel payé au loueur. Elle apparaît dans le calcul du coût net supporté par l’entreprise. Pour comparer correctement deux véhicules ou deux scénarios de leasing, le fleet manager doit intégrer cet effet fiscal au calcul du coût total de possession, ou TCO.
À l’horizon 2031, les chiffres de KBC Autolease illustrent l’ampleur du phénomène : à coût automobile identique, le coût net augmente de 10,8 % entre une commande passée en 2026 et une commande passée en 2031, en raison de la seule évolution de la déductibilité. En tenant également compte des taxes et des frais de recharge, l’écart peut devenir plus important.
Commander en décembre plutôt qu’en janvier : un vrai calcul à faire
La date de commande peut donc peser sur le coût de toute la période de leasing. Commander avant le 31 décembre 2026 permet de conserver une déductibilité de 100 % pendant toute la durée du contrat.
Prenons le cas d’une entreprise qui doit renouveler une flotte de 20 voitures. Chaque véhicule représente un coût mensuel de 800 euros et le contrat dure cinq ans.
Avec une commande passée en 2026, la déductibilité de 100 % ramène le coût net mensuel à 600 euros, en retenant un taux d’impôt de 25 %. Si l’entreprise attend 2027, la déductibilité passe à 95 % et le coût net atteint 610 euros par mois.
Economie réalisée en commandant encore en 2026
Déductibilité fiscale | 100% (2026) | 95% (2027) |
1. Coût auto | 800 euros | 800 euros |
> Coût déductible | 800 euros | 760 euros |
2. Avantage fiscal | 200 euros | 190 euros |
Coût réel (1 - 2) | 600 euros | 610 euros |
10 euros x 20 voitures x 60 mois = 12.000 euros |
Source: KBC Autolease
« Dix euros de différence par voiture et par mois : à première vue, le montant semble limité. Mais sur 60 mois et pour 20 véhicules, la facture supplémentaire atteint 12.000 euros nets », souligne Jan Peeters.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille anticiper chaque renouvellement sans tenir compte des besoins réels de l’entreprise. Les véhicules doivent être disponibles au bon moment et les délais de livraison restent déterminants. Mais lorsqu’une commande peut être avancée sans perturber l’organisation, le calcul mérite d’être fait.
La même logique s’applique aux prolongations de contrat. Une voiture qui arrive en fin de leasing ne doit pas systématiquement être remplacée. Si son kilométrage reste raisonnable et qu’elle répond toujours aux besoins du conducteur, une prolongation peut permettre de conserver un régime fiscal plus favorable que celui qui s’appliquerait à un nouveau contrat.
« Il faut examiner chaque année ce qu’il est possible de faire. Si vous pouvez prolonger un contrat à temps, vous pouvez éviter de basculer vers un régime fiscal moins avantageux », conseille le Product Manager.
Attention toutefois : les modalités de prolongation et le régime applicable dépendent du contrat et de la situation concernée. Une prolongation ne garantit donc pas automatiquement le maintien des mêmes conditions fiscales. « Un contrat arrivant à échéance – par exemple – en 2027 peut être prolongé en 2026, tout en garantissant la même déductibilité. En prolongeant en 2027 un contrat dont l'échéance est justement prévue en 2027, vous signez un nouveau contrat… aux conditions de déductibilité valables en 2027. 95 % de déductibilité, en l'occurrence. »
Rouler un an de plus peut aussi faire baisser la facture
Autre piste : allonger la durée des contrats. Les entreprises qui renouvellent traditionnellement leurs voitures tous les quatre ans peuvent avoir intérêt à envisager des cycles plus longs, à condition que cela corresponde à leurs besoins.
« Selon les simulations de KBC Autolease, un contrat de cinq ans peut réduire la mensualité de leasing de 5 à 10 % par rapport à un contrat de quatre ans. Avec une durée de six ans, la réduction peut atteindre 8 à 15 % », ajoute Jan Peeters. « L'intérêt ne se limite pas à cette mensualité plus faible. Une durée plus longue permet aussi de profiter plus longtemps du régime fiscal associé à la date de commande, tout en espaçant les renouvellements. »
KBC Autolease a comparé plusieurs scénarios sur une période de douze ans. Dans son exemple, trois contrats successifs de quatre ans entraînent une hausse progressive des coûts nets à mesure que la déductibilité diminue. En optant pour des contrats plus longs, l'entreprise combine une mensualité plus basse et une période plus longue sous un régime fiscal favorable. La simulation fait apparaître une réduction moyenne pouvant approcher 100 euros par mois sur l'ensemble de la période.
Il ne s'agit toutefois pas d'une économie garantie pour toutes les flottes. Le résultat dépend notamment du tarif obtenu, de la durée choisie et des paramètres fiscaux applicables.
Il faut également tenir compte de l'évolution des besoins de mobilité, des progrès technologiques et des attentes des conducteurs. Garder une voiture électrique six ans plutôt que quatre peut être économiquement intéressant, mais l'entreprise doit s'assurer que le véhicule restera adapté pendant toute cette période.