Le secteur du pétrole est-il prêt à amorcer un rattrapage ?

Au début de l’année, le Brent a tranquillement poursuivi sa progression jusqu’à subir un couac,entraînant une correction qui a ramené le baril à 62 $. Fin mars cependant, le baril avait à nouveau passé la barre des 70 $. La correction de février découle notamment de la forte hausse du nombre de plateformes de forage en activité aux États-Unis. Depuis mai 2015, au plus fort de la crise, le nombre d’exploitations de schiste a augmenté de 150%, ce qui ne représente malgré tout que la moitié du pic atteint en 2014.

Force est de constater que les cours des actions des entreprises pétrolières ne reflètent pas (encore) tout à fait la récente reprise du secteur.Pourquoi le cours du pétrole se rétablit-il ? Pour quelle raison les valeurs pétrolières restent-elles à la traîne ?

Fléchissement de la suroffre

Le prix du baril de Brent a énormément augmenté sur une période d’un an.Depuis sa dégringolade l’été dernier, où il avait chuté à environ 45 $, le cours du Brent a repris du poil de la bête, en témoigne sa hausse de 60%.Cette situation s’explique principalement par le fléchissement de la suroffre, qui était généralisée sur le marché jusqu’à récemment.La demande de pétrole continue à s’amplifier, grâce aux bonnes perspectives de croissance économique dans le monde.Par ailleurs, l’OPEP et la Russie ont davantage tendance à fermer le robinet, ce qui contribue à ralentir la croissance de l’offre.Du côté des bourses, les valeurs pétrolières ont toutefois raté le coche.

Mais pourquoi restent-elles à la traîne ? 

À la fin de l’année dernière, il régnait encore un grand scepticisme à propos du maintien du cours du pétrole.Les investisseurs s’attendaient en effet à ce que la Russie et l’OPEP déversent à nouveau davantage de pétrole sur le marché,raison pour laquelle ils ont négligé les valeurs pétrolières.Or bien qu’il en fût autrement par le passé, les restrictions de production imposées en vertu des accords conclus début 2017 ont été bien respectées et même prolongées à deux reprises à l’unanimité.Les restrictions de production en vigueur actuellement le resteront jusqu’à la fin 2018.

Jusqu’ici, les investisseurs craignaient que les revenus en hausse des entreprises pétrolières ne suffisent pas à générer une croissance des bénéfices et qu’elles soient alors tentées d’augmenter considérablement les budgets d’investissement, comme elle l’ont fait par le passé.Ce n’est cependant pas le cas, à notre grande surprise aussi.Actuellement, les entreprises pétrolières continuent à se concentrer sagement sur la réduction de leur dette (qui avance bien) et sur la création de valeur pour les actionnaires, notamment par l’abandon du dividende optionnel dilué, par une augmentation des dividendes et par des programmes d’achat d’actions.Mais malgré la hausse des revenus, les cordons de la bourse restent bien serrés.Les investisseurs ont tiré les leçons de la crise...

Depuis le début du mois d’avril, nous assistons cependant à un début de rattrapage.Les principales valeurs pétrolières ont fini par emboîter le pas au cours du pétrole, mais l’écart à combler reste énorme.De bons résultats trimestriels à compter de la fin avril devraient permettre d’accélérer le mouvement. 

Évolution du prix du pétrole

Ces dernières semaines, le prix du pétrole a été largement soutenu par les tensions géopolitiques :États-Unis contre Russie en Syrie, tir de missiles par les rebelles au Yémen, deal nucléaire avec l’Iran, troubles au Venezuela, etc. La forte demande et les restrictions de production largement respectées ont contribué à réduire les réserves de pétrole dans le monde et il n’est aujourd’hui plus question de suroffre.La prime de risque géopolitique pourrait maintenir le prix du pétrole au-delà des 70 $ le baril au cours des prochains mois.Vers la fin 2018 et le début 2019, nous nous attendons toutefois à voir le prix du baril se tasser autour de 60 $, en raison de la production de pétrole de schiste en plein essor aux États-Unis et de la spéculation croissante quant à la fin des restrictions de production.Du côté de l’offre, les troubles géopolitiques pourraient contrecarrer ce scénario et entraîner un maintien du prix du pétrole à un niveau plus élevé.

Une baisse du cours de l’or noir ne devrait toutefois pas déstabiliser les grandes entreprises pétrolières intégrées,qui restent malgré tout rentables en raison des économies de coûts réalisées.Leurs flux de trésorerie solides sont le résultat d’une approche plus astucieuse, qui prévoit de faire passer les actionnaires à la caisse.Le secteur reste bon marché et la hausse attendue des bénéfices, couplée à des dividendes élevés, devrait compenser une éventuelle chute du prix du pétrole à la fin de l’année.

 

Disclaimer
​Ce blog ne peut être considéré comme un conseil ou une recommandation d'investissement. 

Articles connexes

KBC utilise des cookies pour améliorer votre expérience de navigation. Cela nous permet en outre de mieux répondre à vos besoins et à vos préférences. En continuant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de ces cookies. Vous souhaitez en savoir plus? Ou refuser les cookies?Cliquez ici.