Données mobiles en Belgique

L'Internet mobile a la réputation d'être cher en Belgique. Telle est aussi la conclusion du gouvernement belge, qui avait déjà indiqué à plusieurs reprises qu'un quatrième acteur pourrait voir le jour en Belgique aux côtés de Telenet, Proximus et Orange Belgium. Mais où les prix de l'Internet mobile se situent-ils? Derrière la moyenne européenne se cachent de très grosses différences et la Belgique ne se trouve pas parmi les pays les moins chers.

Nous avons épluché les données de Cable, qui a cartographié le coût de l'Internet mobile. Sur les 29 pays d'Europe occidentale, la Belgique occupe la 22ème place, se classant ainsi parmi les plus chers. Le coût moyen en Europe occidentale est de 10,87 euros par gigaoctet de données mobiles, soit près de 50% de plus que la moyenne européenne de 6,42 euros.

L'Internet mobile coûte en moyenne 7,06 euros aux Pays-Bas et l'Allemagne suit de près avec un prix moyen de 6,15 euros.

L'Internet mobile peut toutefois être beaucoup moins cher. Un gigaoctet de données mobiles coûte en moyenne un peu moins de 4 euros (3,88 euros) au Luxembourg et 2,64 euros en France, soit facilement 8 euros de moins qu'en Belgique.

L'Internet mobile peut aussi être beaucoup plus cher: en Suisse, un gigaoctet de données mobiles coûte 17,88 euros. Les tarifs des services de données en itinérance y sont en effet toujours applicables. Ceux-ci vont d'un montant 'acceptable' de 3 euros à un tarif un peu moins 'raisonnable' de 14,52 euros par mégaoctet.

La Finlande détient le record absolu, avec un prix moyen de 1 euro par gigaoctet...

 

 

 

Pourquoi l'Internet mobile est-il beaucoup plus cher en Belgique?

1. Une situation oligopolistique

Avec seulement deux acteurs dominants (Proximus et Telenet), le marché belge est semble-t-il en situation d'oligopole, un oligopole que le troisième acteur (Orange Belgium) n'était jusqu'à présent pas en mesure de briser. La puissance des deux acteurs dominants réside dans la force de leurs offres forfaitaires, comprenant télévision, Internet à large bande, téléphonie fixe et mobile, données mobiles, ainsi que dans l'élasticité des prix qui y est associée.

2. Pas d'Internet mobile vraiment illimité

L'indisponibilité de l'Internet mobile (vraiment) illimité est une autre explication de son coût élevé en Belgique. Tous les pays pratiquant des prix très bas sont des pays où l'Internet illimité existe, comme la Finlande. Ce n'est pas un hasard si l'Internet mobile le plus cher est propre aux pays où l'Internet illimité est presque totalement inexistant, comme en Belgique. Cela fait du Belge moyen un modeste consommateur d'Internet mobile, avec moins d'un gigaoctet de consommation mobile par mois. Pas étonnant que les Finlandais consomment beaucoup d'octets: ils sont en effet les champions européens de l'Internet mobile avec une consommation de 7,2 gigaoctets par mois, devant la Corée du Sud, numéro deux mondial, où la consommation est d'environ 3,8 gigaoctets par personne et par mois, selon les chiffres du bureau d'études suédois Tefficient.

3. L'Internet mobile est rapide et de bonne qualité

Et, bien sûr, cela a aussi un prix. En ce qui concerne la couverture 4G, Proximus atteint les 90%, contre 85% et 95% respectivement en Allemagne et aux Pays-Bas, du moins selon OpenSignal (il n'y a pas de données disponibles pour la France). Une amélioration reste donc possible. Un Internet mobile rapide et efficace nécessite des investissements substantiels, estime notamment Telenet. Avec le 'Grote Netwerf' (les Grands Travaux du Réseau), l'entreprise investit au total quelque 500 millions d'euros, en plus de ses autres investissements, pour faire de la Flandre une grande zone Wi-Fi. Et cela coûte de l'argent.

4. Le déploiement de la 5G

Elle n'est peut-être pas tout de suite, mais elle viendra à terme. Samsung affirme que la Belgique dispose d'un certain nombre d'atouts non négligeables pour le déploiement de la 5G. Le rapport publié par le géant de la technologie indique que la Belgique dispose d'un réseau 4G bien développé qui pourrait servir de base pour le déploiement de la 5G. La mise aux enchères des licences 5G accuse cependant un retard d'un à deux ans. La région bruxelloise lui met des bâtons dans les roues car elle s'inquiète de la puissance du signal et de son effet à long terme sur la santé. Enfin, le dernier atout réside dans la bande de fréquences requise pour la 5G. Celle-ci est libre, contrairement aux Pays-Bas, par exemple. La Belgique a selon Samsung la possibilité de jouer un rôle de pionnier. Mais cela coûte aussi beaucoup d'argent...

 

 

 

Cette page est-elle utile pour vous? Oui Non

Disclaimer
Cette lettre d'information ne peut être considérée comme un conseil ou une recommandation d'investissement.

KBC utilise des cookies pour améliorer votre expérience de navigation. Cela nous permet en outre de mieux répondre à vos besoins et à vos préférences. En continuant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de ces cookies. Vous souhaitez en savoir plus? Ou refuser les cookies?Cliquez ici.