Vol en montgolfière: quand l’amour prend son vol
Dans la quête de sensations et de plein air, un vol en montgolfière ne figure pas forcément parmi les rêves de tout le monde. Pourtant, ce sport gagne en popularité. Le jeune couple d’entrepreneurs Thomas et Jolien y croit depuis des années, et bénéficie depuis peu du soutien de KBC. Ce qui compte avant tout, c’est leur passion.
Les jeunes professionnels Thomas Spildooren (31 ans) et Jolien Bouy (29 ans) ne sont pas ceux que l’on associerait à première vue aux vols en montgolfière. Thomas travaille également comme agent dans le monde de l’immobilier, tandis que Jolien est Business Controller dans une grande entreprise industrielle. Pourtant, les vols en montgolfière sont pour eux une véritable entreprise dans laquelle ils investissent du temps, des ressources et le meilleur d’eux-mêmes. Ensemble, ils exploitent Spildooren Ballooning, fondée en 1994 par Jo, le père de Thomas.
Thomas : «Aujourd’hui il a cessé ses activités. Ses débuts ont aussi marqué les débuts des vols de montgolfières à Saint-Nicolas, la ville par excellence de la montgolfière en Flandre. Mon père a obtenu son brevet en 1989. D’abord comme hobby. Il était garagiste de profession. » Enfant, Thomas lui-même a grandi dans le monde de la montgolfière, et il ne l’a jamais quitté. « Pour moi, c’était un immense terrain de jeu », se souvient-il. « Mon intérêt allait croissant à mesure que je pouvais l’aider davantage. En 2015, à 21 ans, j’ai obtenu mon propre brevet. J’ai commencé avec de petites montgolfières pour un à deux passagers.»
Pour les catégories plus grandes de montgolfières, il faut un brevet différent à chaque fois, de A à D. Thomas poursuit: «Le brevet D est le plus élevé. Il faut plus de 300 heures de vol pour l’obtenir. Il requiert d’accumuler de l’expérience et de réussir tous les examens et vols d’instruction. La capacité à gérer des conditions météorologiques et des vents variables fait toute la différence. Tout le monde peut voler un matin calme avec un vent de deux à trois nœuds.»
Jolien, sa partenaire, a obtenu son brevet A depuis juin 2025 et est désormais pilote aussi. «Pour l’instant, je ne peux effectuer que des vols privés», dit-elle en hochant la tête. «Pour transporter des passagers payants, je dois avoir cinquante heures de vol. Je compte bien les atteindre cet hiver, afin de pouvoir être pilote commerciale l’été prochain. Cela reste une activité complémentaire : je travaille à temps plein comme Business Controller chez Altrad.»
Vous vous êtes rencontrés grâce à la montgolfière?
Jolien : (acquiesce) «J’ai rencontré Thomas en tant que passagère. Grâce à un bon cadeau offert par une amie. Je n’avais jamais fait de montgolfière auparavant. Après l’apéritif, nous avons continué à discuter, et nous avons accroché. Cela fait maintenant cinq ans que nous nous connaissons. Même si je suis très prise par la partie opérationnelle et logistique, je suis très heureuse d’être désormais pilote aussi.»
Êtes-vous propriétaires de votre flotte de montgolfières? Comment en faites-vous une entreprise rentable?
Thomas : «Nous sommes propriétaires de notre flotte, avec pour chaque ballon un contrat marketing générant des revenus publicitaires. En matière d’assurance aussi, il est important que la flotte soit la propriété de Spildooren Ballooning. Un sponsor nous rémunère pour apposer son logo sur le ballon, qui devient ainsi un gigantesque panneau publicitaire volant. En échange, vous pouvez emmener en montgolfière vos propres clients, amis, parents et relations d’affaires. C’est un prêté pour un rendu : des places gratuites pour les sponsors, qui nous apportent notre budget.»
Jolien : «Le fait qu’un budget de sponsoring soit fiscalement déductible pour le sponsor, c’est évidemment bon à prendre.»
Thomas : «Une mongolfière dure environ dix ans, c’est donc un budget d’investissement unique. Elle dure plus longtemps qu’une voiture et coûte moins cher. C’est un investissement viable, mais qu’on ne peut pas assumer seul en tant que petite entreprise. C’est pourquoi nous sommes très reconnaissants envers les sponsors comme KBC. Nous avons pu participer à la procédure d’adjudication. Après un entretien, nous avons finalement été choisis après trois procédures de sélection. Le premier vol avec notre toute nouvelle montgolfière KBC a eu lieu ce printemps.»
La montgolfière KBC fait une grande différence pour votre entreprise.
Thomas : «La montgolfière KBC est notre tout nouveau fleuron. Le nombre de passagers est suffisamment réduit pour que chacun à bord reçoive une attention personnelle. C’est idéal pour un directeur d’agence KBC accompagné d’un petit groupe de clients. Le réseautage après le vol, avec l’apéritif au champagne, fonctionne très bien.»
«Les familles ou groupes d’amis peuvent aussi embarquer dans la montgolfière KBC lorsqu’elle n’est pas réservée pour KBC, mais de préférence pendant la semaine. Le week-end, elle est disponible pour des vols privés.»
Jolien : «Au début de l’été, 35 agences étaient programmées, pour autant de vols séparés. Notre printemps sera déjà bien occupé. Beaucoup d’agences du Brabant flamand et du Limbourg ont répondu présentes. La Flandre orientale et la Flandre occidentale peuvent encore les rattraper (rires).»
Comment la pratique de la montgolfière a-t-elle évolué au cours des trois dernières décennies?
Thomas :«Autrefois, les ballons étaient plus petits. Mon père volait au début avec deux ou trois passagers. Vers les années 2000, ce nombre est monté à huit ou neuf. Le nombre de passagers par an tournait autour de 500, nous en sommes à 2000. Nous avons aujourd’hui quatre montgolfières commerciales. Notre ballon Altrad peut accueillir 19 personnes. Le Roti-Pools est conçu pour douze passagers, le KBC pour huit à dix. Et nous avons aussi un petit ballon pour un maximum de quatre personnes, très apprécié pour les demandes en mariage ou les vols en famille, par exemple. Les vols les plus émouvants sont ceux que nous réalisons pour une personne dont la dernière volonté est de voler.»
Chaque vol en montgolfière est une pure magie.
Thomas en Jolien, Spildooren ballooning
Passons à l’aspect technique : comment fonctionne exactement une montgolfière?
Thomas: «Une montgolfière vole selon le principe du “plus léger que l’air”. Rappelons un principe physique : la loi d’Archimède. En chauffant l’air, on génère de la portance. Avant le vol, nous faisons les calculs : combien de passagers? Quel est le poids par passager? De quelle portance avons-nous dès lors besoin?»
Imaginons un vol classique, de bonnes conditions météo, avec une dizaine de personnes. Combien de temps durera ce vol et où atterrira-t-on?
Thomas: «Environ une heure et maximum quinze kilomètres. La destination dépend entièrement de la direction du vent. Nous emportons du propane de réserve, car il arrive qu’on ne trouve pas immédiatement un endroit propice pour atterrir. C’est justement cela l’aventure : il faut adapter son plan sur le moment, même si on a défini des scénarios et des zones d’atterrissage à partir de différents modèles. Nous avons toujours une carte avec nous et, grâce à une application, nous prévoyons notre lieu d’atterrissage. Si celui-ci s’avère défavorable, nous pouvons adapter notre trajectoire à temps en choisissant une autre couche d’air et une autre direction du vent.»
Quelles sont les conditions météorologiques minimales requises ? Temps clair, visibilité?
Jolien: «Le ciel ne doit pas forcément être clair, mais il ne peut pas pleuvoir. Le vent, en revanche, est un facteur très complexe. Parfois, on peut décoller même par vent fort, mais il faut être certain qu’il tombera avant l’atterrissage. Il arrive aussi qu’il n’y ait que peu, voire pas de vent au sol, mais nous savons qu’à 2000 pieds, nous aurons un vent soutenu qui nous permettra de parcourir une bonne distance. Il faut savoir que nous devons annuler jusqu’à la moitié des vols à cause des conditions météo. Tous ces passagers doivent alors être reprogrammés, ce qui a toujours un sérieux impact compte tenu de la logistique importante qui s’ensuit, sans contrepartie directe.»
Thomas : «80 à 90 % du travail, c’est de la planification. Le vol lui-même ne représente que 10 % mais ce vol est tellement fantastique qu’on s’accommode volontiers de tout ce travail de planification.»
Quel est l’aspect le plus complexe du métier de pilote? Ou quelle est, selon vous, la plus grande difficulté?
Thomas: «La météo. Les gens ne comprennent pas toujours qu’on ne peut pas voler même s’il fait 30 degrés. Mais c’est la force du vent qui est essentielle. On ne peut pas voler l’après-midi à cause de la thermique. L’air chaud qui monte rend la montgolfière incontrôlable. Le matin, l’atmosphère est encore calme, et le soir elle se stabilise. Avec le changement climatique, il devient plus difficile de voler le soir. C’est pourquoi nous voulons une montgolfière plus grande, pour pouvoir embarquer le même nombre de passagers, même les jours moins favorables.»
Quels sont pour vous les événements importants, comme les festivals ou les compétitions?
Jolien: «Nous avons encore une cinquième montgolfière : notre “racer”, la montgolfière de compétition. Elle est un peu plus ovale et plus aérodynamique. Thomas revient tout juste du championnat d’Europe en Autriche.»
Thomas: «L’équipe Spildooren comptait cinq Belges, dont mon frère. Nous avons terminé dans la première moitié du classement, ce qui était notre objectif, surtout à l’échelle européenne. Au niveau belge, nous avons déjà fini deux fois dans le top trois. Nous pouvons rivaliser avec les grands pays européens.»
Y a-t-il des festivals ou des rallyes importants pour Spildooren Ballooning? Quels sont vos préférés?
Thomas: «Albuquerque, aux États-Unis, est un classique. Nous allons chaque année à Château d’Aix, en Suisse. C’est vraiment magnifique de survoler les Alpes. Avec ces paysages hivernaux, c’est peut-être le plus beau vol. Aussi beau que celui au-dessus d’un parc naturel en Afrique du Sud. Mais nous sommes aussi toujours présents aux Fêtes de la Paix à Saint-Nicolas, la première semaine de septembre. J’ai de très bons souvenirs du championnat belge à Vielsalm: nous y avons décroché une place sur le podium. Les Ardennes sont splendides à survoler. Mais les paysages du Waasland restent pour moi phénoménaux aussi.»
Pour conclure: le vol en montgolfière garde-t-il un caractère exclusif?
Jolien: «C’est vraiment accessible à tout le monde, au sens propre du terme. La nacelle du ballon 12 places est équipée d’une porte. Même avec une mobilité réduite, on peut embarquer facilement. Et toute l’équipe est là pour vous aider.»