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Investir hors bourse permet d'apporter une diversification supplémentaire

Une large majorité de grandes entreprises ne sont pas cotées en bourse. Et pourtant, les investisseurs se concentrent toujours sur les mêmes actions, les mêmes indices et les mêmes valeurs boursières de référence. Ceux qui souhaitent diversifier davantage leur portefeuille peuvent aussi se tourner vers les private assets, des actifs hors bourse. Dans une interview accordée à De Tijd, Gert Van Craenenbroeck, general manager KBC Private Banking & Wealth, nous explique de quoi il s'agit.

La bourse ne reflète pas l'économie dans son ensemble. Seule une petite partie des entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 250 millions d'euros y est représentée. Un très grand nombre d'entreprises gérées de manière professionnelle, d'entreprises familiales et de projets d'infrastructure n'ont jamais cherché à entrer en bourse et n'ont nullement l'intention de le faire. Un investisseur qui opère exclusivement sur les marchés publics passe donc à côté d'une bonne partie de la réalité économique.

Gert Van Craenenbroeck: "À cela s'ajoute le fait que le nombre d'entreprises cotées en bourse est en baisse depuis des années. En Belgique aussi, des noms disparaissent progressivement du tableau des cours. Beaucoup d'entreprises et de familles qui, autrefois, se tournaient vers la bourse comme stratégie de sortie ou pour lever des fonds, privilégient à présent des solutions hors bourse. Ce n'est pas un hasard, mais un changement structurel dans la façon dont les entreprises sont financées et transmises."

Trois arguments en faveur des private assets

1. Un potentiel de rendement plus élevé

Historiquement, les marchés privés affichent de meilleures performances que les bourses publiques, même si les performances du passé ne constituent pas une garantie pour l'avenir. En outre, ce rendement ne s'accumule pas de manière linéaire. Il faut d'abord semer, puis laisser mûrir, et ce n'est qu'ensuite qu'on peut récolter. "Mais comme on ne peut pas vendre des private assets aussi facilement qu'une action en bourse, ceux-ci peuvent offrir un rendement potentiel supplémentaire. "Vous êtes en effet disposé à immobiliser votre capital pendant une plus longue période", explique Van Craenenbroeck.

2. Une diversification plus large

Non seulement il y a moins d'entreprises cotées en bourse qu'avant, mais la concentration s'est également fortement accrue. Ainsi, les dix plus grandes valeurs de l'indice MSCI World représentent actuellement environ un quart de sa valeur totale, et ce gratin boursier est résolument américain.

"Ceux qui investissent une partie de leur patrimoine en dehors de la bourse réduisent cette concentration et ont accès à un univers bien plus vaste: des entreprises familiales de taille moyenne, des acteurs industriels, des projets d’infrastructure et immobiliers", précise Van Craenenbroeck. "Vous investissez ainsi dans des secteurs et des thèmes sous-représentés en bourse."

"Ceux qui investissent une partie de leur patrimoine en dehors de la bourse réduisent leur concentration et ont accès à un univers bien plus vaste." Gert Van Craenenbroeck, general manager Private Banking & Wealth

Gert Van Craenenbroeck, general manager Private Banking & Wealth

3. Moins de volatilité

Les private assets évoluent presque indépendamment de la bourse. "Ils sont valorisés moins fréquemment et peuvent donc réagir différemment. Les fluctuations peuvent parfois paraître moins marquées dans les rapports, mais les risques sous-jacents demeurent néanmoins", précise Van Craenenbroeck.

Ce n'est pas sans risque

Les private assets ne constituent certainement pas une catégorie d'actifs sans risque. "Certains mécanismes de liquidité peuvent entraîner une suspension temporaire du remboursement dans certains fonds, surtout lorsque trop d'investisseurs souhaitent retirer leur argent en même temps", explique Van Craenenbroeck. "Les fonds qui sont contraints de vendre des actifs le font à prix réduit, ce qui entraîne une perte de valeur pour les investisseurs qui restent."

"Ce qu'il faut retenir, ce n'est n’est pas que tous les private assets sont dangereux, mais bien que la qualité du gestionnaire est déterminante", explique-t-il. "Un fonds qui se concentre sur un seul secteur ou profil ne dispose justement pas de la marge de manœuvre qui, en théorie, fait la force des private assets. Une sélection rigoureuse du gestionnaire du fonds et une bonne répartition entre les secteurs, les régions et les durées ne sont pas des éléments secondaires, mais constituent les fondements d’une stratégie solide en matière de private assets."

"Dans le domaine des private assets, la qualité du gestionnaire du fonds est déterminante. "Une sélection rigoureuse et une bonne répartition entre les secteurs, les régions et les durées constituent les fondements d’une stratégie solide en matière de private assets." Gert Van Craenenbroeck, general manager Private Banking & Wealth

Gert Van Craenenbroeck, general manager Private Banking & Wealth

À qui s'adressent les private assets?

Les private assets ne sont pas destinés à tout le monde. "Avant tout, il faut pouvoir faire preuve de patience. Un horizon d'investissement de cinq à dix ans minimum est indispensable", souligne Van Craenenbroeck. "Pour les fonds closed-end, il faut même tabler sur dix à quinze ans. Votre argent est immobilisé pendant toute la période, ce qui est souvent un frein pour les investisseurs. C'est pourquoi ceux-ci optent plus volontiers pour des fonds semi-liquides. Vous pouvez réclamer le remboursement de votre apport chaque trimestre, mais en tant qu’investisseur, vous devez tenir compte des pénalités en cas de sortie peu après votre souscription et/ou des gates, qui permettent au gestionnaire de refuser votre sortie si le niveau de désengagement total atteint un certain pourcentage du fonds.

Comme votre capital est immobilisé pendant une longue période, vous devez disposer de réserves de liquidités suffisantes pour faire face aux dépenses imprévues. Votre portefeuille doit également être suffisamment ample pour permettre une diversification réfléchie, tant entre les différentes catégories d'actifs qu'au sein même des private assets.

Les private assets ne sont donc pas destinés à remplacer les investissements cotés en bourse, mais peuvent être un complément à votre portefeuille, à condition qu'ils correspondent à votre profil de risque.
 

Plus accessibles

KBC Wealth Management propose des investissements dans des private assets depuis 2021. Au départ, l'offre était exclusivement réservée aux clients disposant d'un patrimoine mobilier supérieur à 5 millions d'euros. "Depuis peu, notre offre s'adresse aussi aux clients ayant un patrimoine à investir de minimum 1 million d'euros", explique Van Craenenbroeck. Tout ce qui croît n'est pas coté en bourse. Pour les investisseurs qui souhaitent élargir leurs horizons, les private assets peuvent constituer un complément logique, à condition de faire preuve de patience et d'agir de manière réfléchie.

LES PILIERS DES PRIVATE ASSETS

"Private assets" est un terme générique désignant tous les investissements qui ne sont pas négociés publiquement et qui ne sont donc pas cotés en bourse.
Les investisseurs placent leur argent dans ces private assets soit directement, soit par l'intermédiaire de fonds spécialisés.

Les private assets reposent sur quatre piliers:

  • Private equity: les investisseurs deviennent coactionnaires d'entreprises non cotées en bourse. Ils investissent dans la croissance ou la transformation de l'entreprise et participent à la plus-value potentielle en cas de vente. Pensez aux entreprises familiales qui sont confrontées à des difficultés de succession, ou à celles qui s'apprêtent à entamer leur prochaine phase de croissance.
  • Private credit: il s'agit de prêts accordés à des entreprises et financés en dehors du circuit bancaire traditionnel. Le rendement provient principalement des intérêts, mais s'accompagne d'un risque de crédit, d'un risque de structure et d'une liquidité réduite. Les résultats varient considérablement selon le gestionnaire et la structure.
  • Private real estate: il s'agit d'investissements dans l'immobilier non coté en bourse, allant des centres logistiques à l'immobilier de santé. Ils génèrent des revenus locatifs et offrent, grâce à l'indexation des loyers, une certaine protection contre l'inflation.
  • Private infrastructure: les grands travaux d'infrastructure, tels que les réseaux énergétiques, les projets de transport ou les centres de données, génèrent généralement des revenus stables et durables.
     

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Cette nouvelle ne constitue ni une recommandation d'investissement ni un conseil.