Strait of Hormuz background. Topographic map of the Strait of Hormuz. Middle East banner. World oil supply routes. 2
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L'escalade du conflit iranien met les marchés sous pression et impose des choix stratégiques

Que s'est-il passé ces derniers jours?

Le conflit iranien a connu une nouvelle escalade ces derniers jours, mais les conséquences à long terme dépendront de sa durée, de son intensité et de son extension géographique. Dans sa communication, Washington a clairement formulé l'objectif: le président Trump a explicitement parlé d'une "reddition inconditionnelle". Entre-temps, un nouveau Guide suprême a été nommé en Iran: le fils d'Ali Khamenei. L'homme est considéré comme un partisan de la ligne dure, qui ne pliera donc pas facilement sous la pression américano-israélienne.

Par ailleurs, la pression s'accroît pour que le conflit ne s'enlise pas. Aux États‑Unis, la hausse des prix de l’énergie, combinée à des indicateurs économiques plus faibles, pèse sur la confiance des consommateurs et des entreprises. La conjonction de la hausse des prix du pétrole (entre-temps autour de 110 USD le baril) et du ralentissement du marché du travail n'est pas une perspective réjouissante dans la perspective des élections de mi-mandat de novembre.

La diplomatie demeure une issue possible, mais elle est incertaine. Il reste àvoir si les négociations avec les partenaires régionaux porteront leurs fruits. Samedi, le président iranien s'est montré conciliant à l'égard des États du Golfe, mais sur le terrain, ces propos sont restés lettre morte.

Ce matin, les marchés asiatiques chutent fortement face à la nouvelle flambée du pétrole. Le Japon a reculé d'environ 5,5%, tandis que les marchés chinois cédaient également 1,5%. Les marchés d'actions européens lâchent eux aussi 2,5 à 3%, tandis que les indices américains risquent de perdre environ 1,5% à l'ouverture. Les taux à long terme augmentent en raison de la crainte d'une accélération de l'inflation.

Protection proactive du portefeuille

  • KBC Asset Management a protégé le portefeuille de manière proactive en réduisant les actions et nous sommes légèrement sous-pondérés dans la fourchette neutre afin de ne pas subir la tempête de plein fouet. Dans le même temps, nous restons flexibles afin de nous positionner de manière plus défensive dans des scénarios moins favorables (voir ci-dessous).
  • Nous avons augmenté l'exposition au dollar: le billet vert joue à nouveau le rôle de valeur refuge.  
  • Dans le portefeuille d'actions, nous avons réduit la position européenne car l'Europe pourrait souffrir davantage de la situation actuelle. Le marché américain a relativement mieux résisté au cours de la semaine écoulée.
  • Dans les fonds d'investissement (non durables) conventionnels, nous maintenons la pondération neutre du secteur de l'énergie.

Le comité d'investissement de KBC Asset Management a décidé ce matin de ne pas prendre d'autres mesures, mais il suit la situation de très près.

La leçon historique demeure: les chocs géopolitiques dominent l'actualité, mais l'impact durable sur le marché dépend la plupart du temps des conséquences pour la croissance, l'inflation et les taux d'intérêt, et non des gros titres en tant que tels.

Entre-temps, les marchés s'intéressent moins à la guerre et à la paix qu'à une variable concrète: ils se demandent dans quelle mesure les exportations d'énergie pourront reprendre.

Impact sur l'énergie: fermeture du détroit d'Ormuz

Le détroit d'Ormuz est un goulot d'étranglement pour le commerce énergétique mondial. Environ un cinquième des exportations mondiales d'énergie transite par ce passage. Si le transport maritime est interrompu ou si les primes d'assurance explosent, cela se traduit rapidement par une prime de risque sur le pétrole et (en Europe) sur le gaz.

Concrètement, que se passe-t-il aujourd'hui?

  • Le trafic de pétroliers est totalement à l'arrêt depuis la semaine dernière. Les États-Unis envisagent des mesures telles que la réassurance et des escortes navales pour rétablir le transit.
  • Plusieurs pays de la région du Golfe réduisent leur production maintenant que leurs réserves se remplissent. Le redémarrage de cette production entraînera de toute façon plusieurs semaines de perturbations. Les réserves iraniennes et la production autour de Téhéran ont été touchées. La très stratégique île pétrolière de Kharg ne l'est pas encore.
  • Même si tous les coupe-circuits, tels que le pipeline alternatif de l'Arabie saoudite, fonctionnaient au maximum, un déficit pourrait subsister, de sorte qu'une pression supplémentaire sur le potentiel pétrolier reste plausible tant que le transit du détroit d'Ormuz ne se normalise pas.
  • Le prix du pétrole fait du yoyo et le baril de Brent a atteint 120 USD ce matin. Des sommets plus élevés restent possibles, bien que les prix aient légèrement baissé à la suite de rumeurs selon lesquelles le G7 mettrait sur le marché des stocks stratégiques de pétrole.
  • Pour l'Europe: le prix du gaz a plus que doublé (même s'il partait d'un faible niveau) avec la suppression de l'approvisionnement katari en gaz. Mais rappelons que lors de la crise énergétique liée à l'Ukraine, les prix du gaz ont connu des variations beaucoup plus extrêmes (x10 en quelques mois) et sont aussi retombés.

Les 4 scénarios sur lesquels nous nous basons actuellement

Scénario 1 – Une normalisation rapide

Les actions militaires restent limitées dans le temps et dans leurs objectifs. Le détroit d'Ormuz rouvre assez vite et les transports physiques de pétrole reprennent. Le prix du pétrole peut culminer brièvement, mais il retombe lorsque le transport maritime et les assurances se normalisent. Ce scénario nous paraît moins probable aujourd'hui qu'au début de la semaine dernière.
À quoi sommes-nous attentifs?
Des signes évidents de désescalade, l'ouverture totale du détroit d'Ormuz, la normalisation du trafic de pétroliers en quelques jours, la stabilisation des primes d'assurance et un prix du pétrole qui ne se maintient pas structurellement au-dessus de 90 USD.
Réaction sur le plan des investissements: pas de changement majeur, maintien de l'allocation stratégique et nouvelle augmentation de la position tactique en actions.

Scénario 2 – Une perturbation temporaire avec incertitude persistante de plusieurs semaines (scénario de base)

Le conflit dure plusieurs (4-5) semaines. Les États-Unis déclarent avoir atteint leur objectif après avoir affaibli les capacités iraniennes; Israël met fin aux attaques après le retrait du soutien américain. Le régime reste intact; l'activité des proxys (le Hezbollah au Liban, par exemple) s'éteint progressivement. La prime de risque du pétrole diminue, mais le détroit d'Ormuz reste une menace latente.
À quoi sommes-nous attentifs?
La rhétorique des "objectifs réalisés", un cessez-le-feu ou le dialogue et la stabilisation de la menace sur le détroit d'Ormuz.
Réaction sur le plan des investissements: les positions sont largement maintenues, sans surréagir, mais en tenant compte de la hausse du prix du pétrole et donc de l'inflation. Les banques centrales ne sont pour ainsi dire d'aucune aide. Dans ce scénario, le sentiment risk-off pourrait persister quelque temps. Les actions européennes sont plus vulnérables que les actions américaines.

Scénario 3 – Une normalisation partielle avec maintien de primes de risque élevées

Le conflit se prolonge, mais passe la vitesse inférieure. Pas de cessez-le-feu formel, mais les États-Unis considèrent que les objectifs ont été atteints, même si l'Iran ne s'incline pas. Même si la situation s'améliore, le système peut continuer à fonctionner plus lentement et en coûtant plus cher. Cela pourrait conduire à une incertitude plus durable, sans panique sur les marchés.
À quoi sommes-nous attentifs?
Amélioration du transit sans normalisation complète, coûts/prix durablement plus élevés, signaux politiques incertains.
Réaction sur le plan des investissements: les marchés se redressent alors souvent de manière irrégulière: pas de panique, mais pas non plus de retour immédiat à la normale.
 

Scénario 4 – Un scénario d'escalade (le moins probable)

Le conflit s'étend sur plusieurs fronts: attaques contre des actifs américains par des milices soutenues par l'Iran (Hezbolla, Houthis), nouvelles perturbations dans le détroit d'Ormuz.
À quoi sommes-nous attentifs?
L'infrastructure énergétique de la région est endommagée par le conflit qui s'enlise sans un canal de désescalade crédible. L'Iran adopte une posture de guerre à long terme et fait du détroit d'Ormuz une arme stratégique. De leur côté, les États-Unis arment les combattants kurdes. Un blocus du détroit d'Ormuz de plusieurs semaines est incorporé structurellement et pourrait faire grimper les prix du pétrole bien au-delà de 120 USD.
Réaction sur le plan des investissements: la composition des portefeuilles devient plus défensive pour plus longtemps. La stagflation et la croissance atone deviennent une réalité.

Nous suivons de près la situation sur la base de ces scénarios et procédons aux ajustements nécessaires.

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Cette nouvelle ne constitue ni une recommandation d'investissement ni un conseil.