Le monde en images: entre tensions géopolitiques, craintes liées aux taux d’intérêt et engouement pour l’IA: le mois d’août remanie la Bourse
Le mois d’août a été marqué par un environnement de marché exceptionnellement volatil: les investisseurs ont dû faire face à la fois à des tensions géopolitiques croissantes, un durcissement du ton de la banque centrale américaine et un regain d’intérêt pour l’intelligence artificielle. Malgré ces péripéties, la plupart des marchés d’actions ont terminé le mois sur une note positive. Les flux de capitaux se sont clairement tournés vers l’énergie, la technologie et la santé, tandis que les secteurs sensibles aux taux d’intérêt ont été mis sous pression.
Escalade du conflit entre les États-Unis et l’Iran
En août, le conflit entre les États-Unis et l’Iran a pris l’ascendant sur les marchés boursiers. L’évolution des négociations concernant le détroit d’Ormuz a eu une influence directe sur les prix du pétrole, les taux obligataires et les marchés d’actions.
Une désescalade temporaire a apporté un certain soulagement en début de mois. La baisse du prix du pétrole a profité aux marchés d’actions et a surtout joué en faveur des entreprises technologiques.
Les tensions se sont ravivées au milieu du mois: les affrontements militaires entre Israël et le Hezbollah et l'enlisement des discussions sur le détroit d’Ormuz ont été source de nervosité. Le conflit s’est encore aggravé vers la fin du mois, avec des attaques directes entre les États-Unis et l’Iran. Le prix du pétrole en a profité pour filer vers les 90 dollars le baril, entraînant dans son sillage une hausse des anticipations inflationnistes et des taux obligataires.
- Le secteur de l’énergie en a tiré parti: la hausse des prix du pétrole a amélioré les prévisions bénéficiaires et a fait de ce secteur l’un des plus performants.
- Les secteurs sensibles aux taux d’intérêt ont perdu du terrain: l’immobilier et les services aux collectivités ont pâti de la hausse des taux obligataires et des coûts de financement.
- La volatilité s’est intensifiée: les tensions géopolitiques, les craintes inflationnistes et les incertitudes commerciales ont orienté les capitaux vers l’énergie, la technologie et les secteurs arborant de meilleures prévisions bénéficiaires.
La Réserve fédérale garde le pied sur le frein
La Réserve fédérale a certes laissé son taux directeur inchangé en août mais les inquiétudes concernant un nouveau resserrement de la politique monétaire ne s’en sont pas moins intensifiées. Plusieurs responsables ont laissé entendre que de nouveaux relèvements de taux n’étaient pas exclus tant que l’inflation ne dégonflerait pas suffisamment. Partant, les investisseurs étaient d’autant plus convaincus que les taux d’intérêt resteraient élevés pendant plus longtemps.
Lors du symposium de Jackson Hole, le président de la Fed, Kevin Warsh, a rappelé qu’il était déterminé à réduire plus encore l’inflation. Ce ton plus restrictif a incité les marchés financiers à considérer une nouvelle hausse éventuelle des taux en septembre. Les taux d’intérêt des obligations d’État américaines ont de ce fait grimpé en flèche. Le taux des obligations d’État à 30 ans a atteint son plus haut niveau depuis 2007.
La hausse des taux a surtout pesé sur les secteurs sensibles aux taux d’intérêt, comme l’immobilier et les services aux collectivités. Les entreprises industrielles ont également dû avaler une hausse de leurs coûts de financement, qui a sapé leurs perspectives bénéficiaires. Les établissements financiers ont fait figure d’exception: la hausse des taux peut soutenir leurs marges d’intérêt et leur rentabilité.
Conflits commerciaux et nouveaux droits de douane
Les mesures commerciales entre les États-Unis et le Canada ont rajouté une couche d’incertitude en août. Les nouveaux droits de douane américains et l’échec des négociations entre les deux pays ont renforcé les craintes d’une nouvelle escalade des tensions commerciales. Les entreprises industrielles et les fabricants de matériel technologique, surtout, en ont fait les frais. Il faut dire qu’ils sont fortement tributaires des chaînes d’approvisionnement internationales et du commerce transfrontalier. Dans le même temps, plusieurs marchés des matières premières ont bénéficié d’une formation anticipée de stocks en prévision d’éventuelles restrictions commerciales supplémentaires. Conséquence: les prix des matières premières stratégiques, dont le cuivre, ont renchéri, et se sont rapprochés de leurs niveaux record.
Analyse sectorielle
L'énergie a été le grand gagnant du mois d’août, avec une hausse de +8,79%. Le secteur a profité de la hausse des prix du pétrole et du gaz, de meilleures perspectives bénéficiaires et de valorisations toujours attrayantes.
La santé a progressé de +5,12%. Le secteur a séduit les investisseurs grâce à ses caractéristiques défensives, à une croissance bénéficiaire stable, à des valorisations attrayantes et à une activité soutenue de fusions et acquisitions dans le secteur des biotechnologies.
La technologie a grapillé +4,75%, portée par les solides résultats de Nvidia et par un regain d'optimisme autour de l'IA. L’écart est resté important, au sein du secteur, entre les valeurs phares de l’IA et les entreprises de matériel informatique, plus sensibles aux tensions commerciales.
Les Matériaux ont crû de +3,29%, soutenus par la hausse des prix des matières premières, la formation des stocks et les tensions géopolitiques qui ont réduit l’offre. Avec un rendement de -4,80%, les Services aux collectivités ont rendu le moins bon bulletin en août. Le secteur a été durement touché par la hausse des taux obligataires, conséquence du mode plus faucon adopté par la banque centrale américaine. Traditionnellement, les Services aux collectivités sont appréciés pour leurs revenus de dividendes stables, mais une hausse des taux du marché réduit leur attrait relatif auprès des investisseurs. Les Services aux collectivités sont restés dans l’ombre du marché au sens large, pénalisés par la combinaison de la hausse des taux d’intérêt et d’une baisse de la demande pour les valeurs à dividendes défensives.
Le secteur industriel, qui a perdu 4,38%, figure parmi les secteurs les plus fébriles du mois d’août. Les tensions commerciales grandissantes entre les États-Unis et le Canada ont renforcé l’incertitude entourant les chaînes d’approvisionnement internationales et les activités d’exportation. Les entreprises industrielles ont par ailleurs dû faire face à une augmentation des coûts de financement liée à la hausse des taux d’intérêt. Les entreprises à forte intensité de capital ont eu plus de mal à maintenir leurs perspectives de bénéfices.
Le secteur immobilier, qui a clôturé le mois sur une perte de 2,37%, figure parmi les perdants du mois d’août. Les sociétés immobilières sont traditionnellement sensibles aux variations des taux d’intérêt: des taux plus élevés entraînent une hausse des coûts de financement et une baisse des valorisations des flux de trésorerie futurs. La hausse des taux obligataires américains a pesé sur le secteur. Les investisseurs ont par ailleurs commencé à s’inquiéter de la viabilité des valorisations relativement élevées du secteur immobilier dans un contexte de hausse prolongée des taux.
Le secteur de la consommation discrétionnaires et des services a reculé de 1,37% en août. Les investisseurs se sont montrés plus prudents, plusieurs indicateurs économiques ayant signalé un ralentissement de la consommation américaine. La hausse des taux et les pressions inflationnistes tenaces peuvent en effet peser sur le pouvoir d’achat. Les entreprises actives dans les loisirs, les produits de luxe et les biens de consommation durables ont particulièrement souffert, entraînant le ralentissement du secteur par rapport à l’ensemble du marché.
Allocation du capital: où l’argent est-il allé?
Le mois d’août a été marqué par une franche rotation sectorielle: les investisseurs ont privilégié les segments soutenus par les matières premières, l’IA et une solide croissance bénéficiaire, tandis que les secteurs sensibles aux taux d’intérêt ont perdu du terrain.
- Entrées: l'énergie, les matériaux, la technologie et les soins de santé ont profité de la hausse des prix des matières premières, de l'optimisme lié à l'IA, de valorisations attrayantes et de meilleures prévisions bénéficiaires.
- Sorties: les services aux collectivités, l’immobilier et l’industrie ont perdu des plumes en raison de la hausse des taux, de l’augmentation des coûts de financement et des incertitudes commerciales croissantes.
- Préférence sous-jacente: les investisseurs ont privilégié les secteurs présentant une dynamique de croissance plus forte et une plus grande résilience dans un contexte de hausse des taux et d’incertitude géopolitique.
Valorisations par secteur
Les écarts d’évaluation entre les secteurs sont restés importants à la fin du mois d’août et ont renforcé la rotation sur les marchés d’actions.
- Valorisation attrayante: l’énergie, les valeurs financières, les services de communication et les matériaux ont allié des valorisations raisonnables à des prévisions bénéficiaires favorables.
- Valorisation plus élevée: l'immobilier, l'industrie, la consommation discrétionnaire et la technologie ont affiché des valorisations plus élevées, ce qui les a rendus plus sensibles aux déceptions.
- Implication pour les investissements: l’énergie, les soins de santé et les valeurs financières ont offert la meilleure combinaison entre valorisation, croissance bénéficiaire et soutien fondamental; l’immobilier est resté le secteur le plus vulnérable.
Marchés régionaux
Les marchés d’actions américains ont clôturé le mois d’août sur une note positive mais volatile: le Nasdaq 100 a gagné 1,82%, le S&P 500 a progressé de 1,22% et le Dow Jones est resté pratiquement étal (+0,14%).
Les robustes résultats des entreprises et l'optimisme lié à l'IA ont aidé, mais la hausse des prix du pétrole, la remontée des taux d'intérêt et le message faucon de la Fed ont limité le potentiel de hausse.
Les marchés d’actions européens ont affiché un tableau contrasté en août. Le DAX allemand a grapillé 0,99%, tandis que le FTSE 100 britannique s’est contenté d’un gain de 0,31%. L'Euro Stoxx 50 est resté pratiquement stable avec un rendement de -0,06%, tandis que le CAC 40 a nettement marqué le pas avec une perte de 3,24%.
L’Europe a débuté le mois en fanfare, soutenue par des résultats d’entreprises supérieurs aux attentes et une humeur favorable sur les marchés internationaux. Les marchés d’actions européens ont toutefois été mis sous pression, au fil du mois, par la hausse des prix de l'énergie, la remontée des taux obligataires et une attitude plus prudente des banques centrales. La hausse des coûts de l’énergie, en particulier, a commencé à peser sur les perspectives économiques de plusieurs entreprises européennes.
La France remporte la palme des prestations les plus négatives en Europe. Le marché d’actions français a non seulement été confronté aux mêmes défis internationaux que le reste de l'Europe, mais il a également dû faire face à une incertitude politique intérieure. Un cocktail qui a conduit, pour les actions françaises, à des performances nettement inférieures à celles des autres grands marchés européens.
Les marchés boursiers asiatiques ont été les meilleurs élèves avec, en tête, la Corée du Sud (+9,09%), Taïwan (+6,46%), la Chine (+4,74%) et le Japon (+4,07%). Hong Kong est resté à la traîne avec -1,49%.
- Corée du Sud et Taïwan: la reprise des semi-conducteurs et les flux de capitaux liés à l’IA ont propulsé les marchés à la hausse.
- Japon: la faiblesse du yen et l'exposition à la chaîne de valeur de l'IA ont soutenu les entreprises tournées vers les exportations.
- Chine versus Hong Kong: si le marché intérieur s’est redressé, Hong Kong a marqué le pas sous l’effet des inquiétudes entourant la croissance chinoise.
En résumé, le mois d’août a une nouvelle fois confirmé les divergences régionales sur les marchés d’actions. Alors que les États-Unis et l’Europe ont été freinés par la hausse des taux et les incertitudes géopolitiques, plusieurs marchés asiatiques ont profité de la reprise du secteur technologique et du regain d’intérêt pour le thème de l’IA. L’Asie s’est ainsi imposée comme la région la plus performante du mois.
Conclusion
Le mois d’août 2026 a apporté la confirmation que les développements géopolitiques et la politique monétaire donnaient bel et bien le ton sur les marchés financiers. Les capitaux se sont détournés des secteurs sensibles aux taux pour se tourner vers l’énergie, la technologie et les soins de santé. En septembre, l’énergie, la santé, les valeurs financières et les matériaux restent les secteurs les plus attractifs, forts de leurs valorisations, de leurs prévisions bénéficiaires et de leurs flux de capitaux. L'immobilier, les services aux collectivités et une partie du secteur industriel restent vulnérables tant que les taux d'intérêt restent élevés et que l'incertitude géopolitique persiste.
Fixed Income août 2026: Jackson Hole change la donne
Le mois d’août 2026 s’est clairement déroulé en deux temps. Durant la première quinzaine, les taux obligataires ont continué à grimper à l'échelle mondiale en raison de l'intensification des craintes inflationnistes, celles-ci résultant principalement de la flambée des prix du gaz naturel à l'approche de l'hiver. Durant la seconde moitié du mois, les décideurs ont tenté de rassurer les marchés. Mais c’est finalement le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, qui a donné le ton en délivrant un message résolument restrictif à Jackson Hole.
Le 19 août, le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a annoncé un doublement des rachats d’obligations d’État à long terme. Cette mesure a temporairement entraîné une baisse des taux et un affaiblissement du dollar. Le soulagement a toutefois été de courte durée. Lors de son premier discours à Jackson Hole, Kevin Warsh a déclaré que l’inflation ne ralentissait pas suffisamment et que la politique monétaire n’était pas encore assez restrictive. Les anticipations de nouveaux relèvements de taux ont ainsi repris le dessus.
États-Unis: entre Scott Bessent et Kevin Warsh
Le taux des obligations d'État américaines à dix ans a amplement fluctué en août. Après avoir démarré à 4,68%, il a grimpé à 4,74%, pour finalement terminer le mois en léger recul. Le taux à trente ans a lui aussi atteint des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis la crise financière de 2008.
Trois facteurs ont déterminé cette évolution:
- Le gaz naturel devient le principal risque d’inflation
Alors que les marchés obligataires se sont surtout intéressés au prix du pétrole ces dernières années, c’est le gaz naturel qui a dicté la tendance en août. En Europe, les prix du gaz ont atteint leur plus haut niveau en cinq mois et les tarifs des contrats hivernaux ont doublé par rapport à l’année dernière. Cette flambée soudaine des prix a ravivé les craintes d’une nouvelle vague inflationniste et a remis les banques centrales sous pression.
- L’impact temporaire du programme de rachat de Scott Bessent
Le ministre des Finances, Scott Bessent, a tenté de tempérer la pression à la hausse sur les taux à long terme en augmentant considérablement le programme de rachat d’obligations d’État à long terme, une stratégie qui a rapidement été baptisée Treasury Twist. Cette mesure a immédiatement entraîné une baisse du dollar et un recul temporaire du taux à dix ans. Les analystes ont toutefois souligné que des baisses durables des taux ne seraient possibles qu'en cas de décélération convaincante de l’inflation.
- Jackson Hole change la donne
Le 28 août a été le moment clé sur les marchés. Le président de la Fed, Kevin Warsh, a clairement indiqué que la lutte contre l’inflation restait une priorité et que le taux directeur n’était peut-être pas encore suffisamment élevé pour freiner l’économie. La réaction a été immédiate: le taux à deux ans a enregistré sa plus forte hausse depuis juin, tandis que le dollar réalisait sa meilleure performance hebdomadaire en plus d’un mois.
Réserve fédérale
Bien qu’aucune réunion de politique monétaire ne se soit tenue en août, la communication de la Réserve fédérale a profondément modifié les anticipations pour septembre. Les marchés ont recommencé à anticiper de nouveaux relèvements de taux.
Le taux américain à 2 ans a démarré le mois d’août à 4,24%, mais a grimpé le 28 août, jour du discours de Kevin Warsh, pour atteindre un pic mensuel de 4,35%. Il a finalement clôturé le mois à 4,32%. Le mois d’août a une nouvelle fois montré à quel point le taux à 2 ans était sensible aux communications de la Fed. Les marchés monétaires anticipent encore une hausse d’un demi-point de pourcentage au cours des cinq prochaines réunions de politique monétaire de la Réserve fédérale.
Europe: une hausse ininterrompue vers des sommets pluriannuels
Le taux du Bund allemand à 10 ans a augmenté de manière quasi ininterrompue tout au long du mois d’août. Le taux a ouvert le mois à 3,15% pour le clôturer à 3,31%, soit une hausse de 16 points de base et son plus haut niveau depuis 2011. Le taux allemand à 30 ans a grimpé à 3,79% le 28 août, soit également son plus haut niveau depuis 2011. Le taux français à 30 ans a atteint 4,92%, son plus haut niveau depuis 2008.
Quatre éléments ont été à l’origine de cette hausse:
- Les prix du gaz naturel sont devenus le nouveau facteur inflationniste dominant.
- L’inflation dans les pays périphériques s'est fortement accélérée, notamment en Espagne.
- Le discours de la BCE est devenu de plus en plus hawkish (laissant entrevoir d’éventuels relèvements de taux).
- Les risques structurels budgétaires et politiques ont relevé le plancher des taux à long terme.
L’inflation espagnole a atteint 4,5% et, en France aussi, elle s’est avérée plus élevée que prévu. Philip Lane, économiste en chef de la BCE, a indiqué que l’inflation devrait probablement continuer à osciller autour de 3% pendant encore un certain temps.
BCE: pas de réunion, mais une posture unanimement hawkish
En août, le taux de dépôt est resté inchangé à 2,25%. Toutefois, un consensus s’est pour ainsi dire dégagé dans les rangs de la BCE sur la nécessité d’un relèvement de taux en septembre. Le procès-verbal de la réunion de la BCE de juillet a révélé que certains décideurs avaient même déjà envisagé une hausse des taux à cette époque.
Les anticipations inflationnistes des consommateurs ont envoyé un signal positif. Les prévisions à court terme ont baissé de 3,0% à 2,9%, tandis que les attentes à trois ans ont reculé de 2,8% à 2,7%.
Marchés des changes et du crédit
L’euro a d’abord profité des mesures de Scott Bessent et des anticipations positives du marché concernant la politique de la BCE. Après le discours de Kevin Warsh, l’avantage est toutefois revenu au dollar. La paire EUR/USD a dans un premier temps grimpé à 1,1679, mais a finalement clôturé le mois autour de 1,1602.
Le yen japonais est resté sous forte pression, le cours USD/JPY dépassant à nouveau la barre des 160. Cela a encore alimenté les spéculations sur d’éventuelles interventions sur les marchés.
Sur les marchés du crédit, une opposition frappante est restée perceptible. Malgré des taux d’intérêt élevés et des tensions grandissantes, les spreads de crédit sont demeurés relativement stables. Dans le même temps, les indicateurs de stress ont continué de grimper et les émissions de nouvelles obligations d’entreprises ont considérablement ralenti. Une tendance structurelle majeure a perduré: l’énorme demande de financement des entreprises technologiques et spécialisées dans l’IA, qui ont bouleversé de plus en plus profondément les marchés obligataires à l’échelle mondiale.
Conclusion
Le mois d’août 2026 restera dans les annales comme celui où le pétrole a cédé la place au gaz naturel en tant que principal baromètre du risque d’inflation. Cette évolution a renforcé les craintes d'une inflation plus tenace que prévu et a augmenté la pression sur les banques centrales pour qu’elles maintiennent une politique plus restrictive.
En septembre, un relèvement de taux semblait pour ainsi dire acquis pour la BCE. Aux États-Unis, Kevin Warsh a donné le ton avec son premier discours à Jackson Hole: la Fed tolérera difficilement une inflation persistante. Et le nouveau président de la Fed semble disposé à envisager de nouveaux relèvements de taux. L’initiative de Scott Bessent n’a apporté qu’un soulagement temporaire, tandis que les marchés obligataires restaient principalement focalisés sur la dynamique sous-jacente de l’inflation.
Début septembre, tant la BCE que la Fed se trouvent donc à un carrefour. Dans le même temps, les marchés du crédit sont confrontés à des coûts de financement élevés et à une vague importante de refinancements. L'évolution des prix du gaz naturel et la rapidité avec laquelle l'inflation décélère seront déterminantes pour l'évolution future des marchés financiers à l'automne 2026.
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